Hypnose et stress : apprendre à se détendre

Cet article fait presque 2000 mots. Si lire un long papier te stresse, alors tu pourrais passer directement au paragraphe « 3-hypnose stress », probablement le passage le plus intéressant. Mais si tu préfères te cultiver un peu avant d’aborder en quoi l’hypnose contre le stress peut être si efficace, alors ne lis pas de suite « hypnose stress », et regardons ensemble ce que ce mot veut dire.

 

1-Le stress : c’est quoi exactement ?

Étymologiquement, le mot stress vient du latin « stringere » qui veut dire serrer. Le stress, ça serre ! Pas très détendant…

C’est un endocrinologue canadien, Hans SELYE, qui, en 1956, va lui donner sa définition moderne (The stress of life). Il en parle comme d’une « réponse de l’organisme à toute demande d’adaptation qui lui est faite ».

Il met à jour les trois étapes successives du stress :

  • la phase d’alarme,
  • la phase de réaction,
  • la phase d’épuisement.

L’ensemble de ces étapes donne le syndrome général d’adaptation (ou stress). Le stress est donc une réponse adaptative à un élément déclencheur stressant.

En soi, le stress est naturel, et même bénéfique (ce bon stress s’appelle Eustress) car il augmente nos capacités d’attention, de mémoire de concentration, etc. Par exemple, pour traverser une route passante, un stress sain vient stimuler ton ouïe et ta vision afin de prêter attention aux voitures.

De plus, l’eustress nous met en mouvement, tel un moteur qui nous pousse à démarrer pour fuir la pression d’un déclencheur stressant.

Donc si le stress, ça serre, ça sert aussi !

 

Le problème est quand l’élément stressant revient trop souvent (une ambiance journalière de travail délétère, des examens difficiles ou rapprochés, une pression du résultat trop importante…) et que les capacités d’adaptation du Sujet sont trop sollicitées : on rentre là dans du stress négatif, ce que Hans SELYE a nommé le Distress.

C’est à ce stade que les gens consultent pour le stress. Hypnose, sophrologie, yoga, méditation… de nombreuses techniques permettent d’apprendre à se détendre et de mieux gérer la pression. Nous verrons ça un peu plus loin.

Mais il n’y a pas que les professionnels de la thérapie qui peuvent déstresser. Notre entourage peut aussi nous aider. Selon un sondage récent, le massage est efficace (plus pour les femmes que pour les hommes d’ailleurs). Le support du conjoint aussi (plus pour les hommes).

Conclusion, si vous voulez dé-stresser votre conjoint(e) : mesdames, parlez-leur, messieurs, massez-les ! 

 

2-Le stress n’a pas de sexe

De nombreuses études ont analysé l’impact du stress chez la population masculine et féminine : malheureusement, le stress touche tout le monde. Mais les effets du stress ne vont pas être les mêmes.

Les hommes ont plus de risques de développer une dépendance à l’alcool ou aux drogues, avec des comportements antisociaux fréquents et même un risque non-négligeable de suicide.

De leur côté, les femmes ont plus de risques de déclencher une dépression, une fatigue chronique, de l’anxiété, une fibromyalgie ou des migraines. Les femmes vont aussi plus facilement consulter. Tous les hypnothérapeutes de France le savent bien : leur clientèle est majoritairement féminine, et plus l’on descend dans le sud (culture latine contre culture anglo-saxonne), plus le décalage s’accroît.

 

 

3-Hypnose stress

Puisque le stress est une réponse adaptative à un élément déclencheur stressant, quand quelque chose (ou quelqu’un) te stress, tu as deux solutions :

  1. Soit tu changes l’élément déclencheur,
  2. soit tu changes ta manière d’y répondre.

Afin de bien expérimenter ce que l’hypnose peut faire contre le stress, tu pourrais choisir une situation réelle qui te stresse. Et, si tu es d’accord, remplace l’exemple ci-dessous par ta propre situation.

Si tu n’as pas choisi une situation perso (c’était une invitation et pas un ordre), ou si tu n’as aucun stress dans ta vie de tous les jours (quelle chance !), imaginons ceci : ton patron est exécrable, il te crie tout le temps dessus et cela te stresse considérablement. Soit tu changes de boulot (solution de type a), soit tu travailles sur toi pour diminuer ton stress (solution b).

Les solutions de type « a » ne manquent pas de variantes : te plaindre dans le bureau des collègues ou du DRH, contacter les syndicats, attaquer ton patron aux Prud’hommes, ruminer… Bref, jouer la victime.

Ces solutions « a » sont tentées par tous les gens qui décident de divorcer quand leur couple va mal, ou qui déménagent parce que leurs voisins (ou rue) sont trop bruyants… C’est une variante de ce que j’appelle la télécommande pour changer les autres. Mon fils ne fait pas ses devoirs ? Je crie pour qu’il s’y mette, ou je lui paye des cours particuliers pour qu’il ne puisse faire autrement que bosser.

A long terme, cela marche rarement, car n’ayant pas payé le prix de la solution b, et donc pas appris la leçon, on se retrouvera dans le même état de victime lors du prochain déclencheur négatif que la vie nous présentera, et, crois-moi, elle nous en présentera bientôt et souvent.

 

Comment avoir la force de tenter la solution b ? Comment changer ?

Yoda dans Stars Wars te répondrait : « Change ou ne change pas, il n’y a pas de comment ! »

 

Si tu n’as pas la chance de percuter dès ce message percutant, alors, voici comment on peut changer : trouve pour quelle valeur supérieure, tu serais prêt(e) à payer le prix de ne plus stresser. Pour l’un, ce sera au nom de la sérénité, pour l’autre, au nom de la liberté de réagir comme je veux, pour un troisième, au nom de vouloir grandir, etc. Une fois que l’on a cette valeur supérieure, il suffira de créer une expérience de référence (intérieure) forte de cette valeur. C’est là que la séance d’hypnose va jouer.

Après être entrez* en transe hypnotique, la voix de l’hypnose va t’accompagner dans le pays de la sérénité, la vallée de la liberté de réagir librement ou la colline du vouloir grandir.  En demandant à ton subconscient de t’envoyer une image, des détails, ou un élément particulièrement représentatif de cette énergie.

Une fois immergé(e) dans cet univers particulier, la voix de l’hypnose te susurre quelques messages particulièrement adaptés. Ce sera peut-être aussi simple que «  Yes you can ! » ou quelque chose de plus élaboré comme « tout problème t’es proposé pour que tu trouves le cadeau qui se cache derrière le fait de le résoudre » ou encore, plus énigmatique, « et si c’était le moment de passer à autre chose … »

Enfin, juste avant la sortie de la transe, la voix te fait une suggestion post-hypnotique, ressemblant à : « Et les prochaines fois que tu entendras ton patron crier (ou que tu revivras ton exemple perso), tu te retrouveras dans ce pays de la sérénité (ou cette vallée de la liberté de réagir ou la colline du vouloir grandir), et tu te sentiras plus calme et imaginatif.

Voilà, c’est fini, tu peux rouvrir les yeux et te faire confiance…

 

4-Anxiété, angoisses, stress et hypnose

Le stress est une des plaintes le plus souvent formulées par les gens qui consultent un psy. Un hypnothérapeute de Lyon l’a d’ailleurs bien compris. Sur sa plaque, on peut lire :

Hypnose stress tabac poids.

Ces trois thèmes (poids, tabac et stress) sont, en effet, bien traités par l’hypnose. Stress : un mot tellement prononcé dans le monde entier qu’on pourrait croire que c’est une marque déposée, comme le Schweppes, dont la consonance lui ressemble.

Quand on a perdu son calme intérieur, logique de se tourner vers l’hypnose. Stress ? Anxiété ? Angoisse ? Il faudra d’abord bien identifier l’émotion présente, ce qui sera le travail de l’interrogatoire précédent toute thérapie. Pour faire simple :

  • l’anxiété est une émotion d’un futur hypothétique (on est anxieux, car on va peut-être échouer à un examen),
  • l’angoisse est elle aussi une émotion du futur, mais de quelque chose que l’on sait qui va arriver (angoisse à l’approche de la date d’un entretien, angoisses de mort …),  
  • quand au stress, on l’a vu au chapitre précédent, c’est plutôt une émotion du présent, mais un présent qui dure à force de stimuli répétés. 

Stress et hypnose se marient bien. Car pour trouver du calme à l’intérieur de soi, encore faut-il déjà y être, à l’intérieur ! Et ça, c’est le point fort de l’hypnose.

 

5-L’hypnose contre le stress

L’hypnose anti stress n’est pas de la magie, c’est même souvent confrontant. Et la première chose à laquelle on doit se confronter, est que c’est nous qui fabriquons notre stress ! Quand j’écris que chacun d’entre nous est responsable de son propre stress (ce qui est ≠ de coupable), je ne dis pas que l’on est responsable du déclencheur stressant (un enfant qui ne fait jamais ces devoirs, un patron qui nous hurle dessus, des banques qui nous refusent systématiquement un prêt…). Mais que la réaction de stress est notre « fabrication » personnelle.

Nous ne sommes évidemment pas responsables des violences que nous recevons, nous sommes responsables des souffrances que nous fabriquons à partir de ces violences. Le stress est une souffrance, c’est nous qui le créons (bien sûr inconsciemment et involontairement), et donc, il nous est possible de le diminuer, et même de passer complètement à autre chose.

 

Tu as dû remarquer qu’il y a des gens qui paraissent beaucoup plus « zen » que d’autres et ce, depuis la toute petite enfance. Nous ne sommes pas tous égaux ni dans la réaction aux agents stressants, ni sur les effets du stress.

 

L’hypnose contre le stress va permettre à notre cerveau de gérer différemment notre fonctionnement, en venant ralentir ce qui à besoin d’être ralenti, enlever ce qui a besoin d’être enlevé, changer ce qui à besoin d’être changé. En thérapie par hypnose ericksonienne, on utilise deux techniques qui fonctionnent très bien :

  • les métaphores (on raconte des histoires en lien avec le fonctionnement à changer),
  • la focalisation de l’attention sur des moments où on gère bien le stress (comme lorsqu’on s’endort après une journée pourtant difficile) pour, en état d’hypnose, demander à notre inconscient de venir l’appliquer dans d’autres secteurs où ceci serait bien utile.

Conclusion : stress et hypnose sont deux choses qui vont bien ensemble. Quelles que soient les raisons et le niveau de stress intérieur, l’hypnose anti stress permet de réguler ce niveau, comme si on actionnait une pédale de frein ou d’accélérateur à notre guise.

 

6-L’auto hypnose anti stress au quotidien

Enfin, dans cet article sur « hypnose stress », n’oublions pas l’intérêt de l’auto hypnose. Cette technique, généralement enseignée par un hypnothérapeute après quelques séances d’hypnose, permet, de façon autonome, de venir régulièrement renforcer et augmenter cette prise de contrôle sur nous-même.

Une petite astuce ? N’attends pas d’être mal pour commencer des séances d’auto hypnose anti stress, vois-les plutôt comme une hygiène de vie, que tu peux mettre en place en prévention, l’impact en sera plus grand et concluant quand les moments de stress apparaîtront. L’hypnose contre le stress, à utiliser sans modération !

 

Auteur : Michel ROLION

* la fotte d’ortaugraffe est volontaire

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