Le méta-modèle ou l'art de poser de bonnes questions

Article écrit par Patrick Courtois.

Par le passé, j'ai longtemps travaillé en entreprise, ce qui signifiait pour moi de fréquentes réunions pour décider des évolutions à apporter, des problèmes à corriger... bref, des mots, des mots et encore des mots.
A cette époque, je ne connaissais pas la PNL, hélas... et un bon coaching aurait été le bienvenu...
Je sais maintenant que la PNL et en particulier le méta-modèle nous aurait évité bien des embuches et nous aurait fait gagner beaucoup de temps et d'énergie.
Comment ? Suivez-moi ...

 

Le méta-modèle

Le méta-modèle est une invention des fondateurs de la PNL, John Grinder et Richard Bandler. En observant les experts en communication qu'ils modélisaient, ils ont constaté un ensemble de formulations linguistiques qui étaient particulièrement efficaces pour comprendre ou débloquer des situations.
Ils ont isolé 12 formes "d'anomalies" dans notre langage au quotidien. Ils les ont classé en 3 catégories que nous allons aborder un peu plus bas.

 

Que veut dire méta-modèle ?

Le langage est un modèle de la réalité. Le mot "neige" n'est pas froid, pas plus que le mot "pipe" n'est une pipe pour paraphraser René Magritte. Nous utilisons à chaque instant un modèle pour représenter la réalité, et ce modèle s'appelle le français, l'anglais, l'allemand etc... bref, le langage.

Et bien le "méta-modèle" qui signifie littérallement le modèle du modèle est une modélisation du modèle, c'est à dire du langage. Pas facile à comprendre, alors, donnons quelques exemples.Quand quelqu'un dit "je suis enseignant", sa phrase est bien formulée aux yeux d'un prof de Français. Aux yeux de la PNL, non. Il y a deux "anomalies" dans cette phrase. La première, une omission. Enseignant en quoi ? Une fois que l'on a la réponse, par ex. "en histoire géo", il reste une distorsion, plus difficile à repérer et plus "grave". Cette personne n'est pas prof d'histoire-géo, elle exerce actuellement le métier d'enseignant en histoire et géographie. 

"Être" prof n'est pas l'identité de la personne, c'est juste une activité professionnelle ! Si elle perçoit cela comme son identité, le jour où elle perd son travail, elle risque de le vivre comme un drame. Idem avec l'expression "je suis dépressive". La formulation exacte serait par ex. "je fais une dépression depuis 2 ans, plus particulièrement à la tombée de la nuit, mais pas quand je dors. Je ne fabrique ma dépression qu'à mi-temps !" 

Le langage a tendance à figer les choses, donc l'on fait attention en PNL à ne pas trop figer les choses négatives. Par contre, quand notre interlocuteur nous dit "je suis un homme heureux" ou "Je m'en sortirait toujours dans la vie" on laisse passer sans le questionner  !  

 
Pourquoi utiliser le méta-modèle ?

Le méta-modèle permet de questionner sans à priori, sans apporter ses   propres solutions et   ainsi permettre à l'interlocuteur de trouver ses propres     solutions.

Il nous permet aussi de clarifier des situations de conflit, ou simplement de   blocage ("on ne  doit pas...", "c'est impossible de...", "nos clients savent bien   que...").

Le maître-mot du métamodèle est la curiosité. 

 

 

Les trois grandes catégories du méta-modèle 

Bandler et Grinder ont donc classé les 12 structures qu'ils ont découvert en trois catégories. On appelle ces structures des violations du méta-modèle.

Les omissions :

Quand nous disons des phrases comme "le client est informé", ou encore "je suis frappé par...", nous faisons des omissions. Il manque quelque chose dans la phrase pour que l'information soit complète. "Informé de quoi ?", "frappé comment ? par un coup de poing ? de stupeur ? d'étonnement ?"

Les généralisations :

Les généralisations sont par exemple "il faut envoyer la commande avant lundi" ou "ce modèle ne convient à aucun client". A partir d'un seul exemple, d'une seule expérience (voire aucune...) nous pouvons construire une croyance qu'un fait est vrai dans tous les cas. Peut-être est-ce la vérité, mais il est souvent utile de se poser les questions adéquates pour s'en assurer ou au contraire trouver des voies différentes. "Et que se passe-t-il si la commande part après lundi, ou ne part pas ?", "n'y a-t-il vraiment jamais aucun client pour ce modèle ?" A noter que le racisme, le sexisme, l'âgisme, et d'autres "ismes" sont des généralisations ("les jeunes sont tous des ...", "les hommes sont ...", etc)

Les distorsions :

Il nous arrive également de modifier notre perception de la réalité pour la faire cadrer dans notre modèle du monde.Si je dis, par exemple "Mr Untel ne m'a pas payé, c'est un escroc", je distords la réalité. Peut-être n'a-t-il pas payé parce qu'il est en congés, ou encore il a payé mais le chèque est sous la pile de papier sur mon bureau!

 

En résumé 

Sans entrer plus dans les détails que nous aurons l'occasion de voir plus tard, disons pour conclure que le méta-modèle est un formidable outil linguistique.

Sa puissance est utilisable dans les domaines professionnel, relationnel, gestion de conflit, en coaching... bref, partout où nous utiisons le langage...

Un autre nom pour le méta-modèle est "le modèle de précision", parce qu'il nous permet de retrouver la précision qui s'est perdue entre ce l'idée réelle, profonde et non verbale de notre esprit et ce que nous disons réellement.

 

Mise en garde

Contrairement à beaucoup de techniques utiles, je ne dirais pas "à utiliser sans modération". Bien au contraire.

Lorsque nous parlons, nous faisons toujours des violations du méta-modèle. Et en écrivant ce "toujours", je fais moi-même une généralisation.

Il est très très difficile de construire des phrases en étant totalement précis. C'est à la fois difficile, pénible, ennuyeux... bref invivable.

Alors, le méta-modèle : à utiliser à bon escient...

Pour ceux qui veulent apprendre à le maitriser : venez nous voir.

Revenir à la liste des articles