Est-ce que tout le monde peut être hypnotisé ?

Malheureusement oui !

Cette réponse provocante contient deux idées.

 

D'abord le oui


La spécificité de l'hypnose ericksonienne, contrairement à l'hypnose classique ou à fortiori à l'hypnose de spectacle, est quelle est adaptée à chaque personne. Il était classique, jusqu'à l'arrivée d'Erickson, de dire que 25 % des gens étaient facilement hypnotisables, 50 % plus ou moins bien et 25 % pas du tout hypnotisables.
Plus on rencontre des "difficultés", plus Erickson nous invite à varier notre communication. Par exemple si, à l’idée d’être hypnotisé(e), votre crainte était de perdre le contrôle, il serait important que vous puissiez entendre qu’il vous est possible de garder le contrôle pendant toute cette expérience. Ou alors que vous pouvez laisser une partie de vous garder le contrôle pendant qu'une autre partie de vous va peut-être vouloir préférer s'évader. Ou encore que vous pouvez peut-être être conscient de perdre le contrôle à un moment donné et d’être bien quand même avec cette idée là.

Cette manière de communiquer est très respectueuse car elle tient compte de la manière d'être et de penser de chaque interlocuteur. 


Pourquoi malheureusement ?


Parce que souvent, nous autres, les êtres humains, nous sommes hypnotisés sans le savoir ! Nous sommes des machines à être suggestionné : par notre éducation, notre vécu, nos habitudes, nos peurs, notre manière de parler, notre entourage. Les publicitaires le savent bien, s'ils mettent autant d'argent dans la pub, ce n'est pas à perte ! Les hommes politiques aussi ! 

Souvent, avant d'hypnotiser quelqu'un positivement, il faudra d'abord le déshypnotiser de son hypnose négative ! Une anorexique qui pense qu'elle est trop grosse alors qu'elle pèse 40 kilos pour 1m65 est en transe 24h/24 !

Quelqu'un qui croit qu'il ne mérite pas d'être heureux aussi. Ou quelqu'un qui croit qu'il est trop vieux pour trouver du travail.

Même nous, pour devenir le meilleur des psychothérapeutes, il nous faut aussi nous déshypnotiser de ce qui peut nous être cher : notre nosographie, nos titres, notre panoplie thérapeutique logique, nos cadres de pensées... Afin de se retrouver sans certitudes, devant la personne qui nous parle à l'instant, afin d'être dans l'adaptation et la créativité la plus pure possible... Tout un art !

Article écrit par Michel Rolion.

Revenir à la liste des articles